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.15h30
J'entre chez la fleuriste. En gros sur le mur, des lettres de couleur forment cette phrase: "Un jour, un fleur...". Si chaque jour je pouvais t'apporter une fleur... Mon choix est fait, je vais à la caisse. "C'est pour offrir tout de suite?". Je la regarde, bouche ouverte, ne sachant quoi dire. "Euh... Oui. Je l'offre tout de suite...". Dehors, il fait beau. Le soleil est là, mais le vent vient tout gâcher. Je passe devant l'église et je me rappelle de cette foule, un mardi 4 mars, ces gens les cheveux volants, les yeux larmoyants. La porte est ouverte, je détourne le regard, je n'y rentrerai pas, pas aujourd'hui. J'arrive enfin au portail. Un grincement strident annonce mon arrivée. Il y a une femme qui change les fleurs artificielles de sur le marbre gris de son mari. Je descends à grand pas, comme si l'on s'était donné rendez-vous, comme avant, un rendez-vous secret... Je me vois encore assise, là sur le banc, à t'attendre. Et ton arrivée qui faisait accélérer les battements de mon coeur. Oui, j'étais toujours amoureuse de toi. Je le montrais peu, mais ça se sentait, du moins, moi je le sentais... Tu avançais vers moi, et un sourire se dessinait sur ma bouche. Tu étais en retard, mais au moins tu étais là. Tu t'asseyais à côté de moi, tu allumais une clope et là, le jeu commençait. Il ne fallait pas montrer que l'on s'était manqué. Mais c'était trop dur. Je perdais souvent à ce jeu stupide. Pourquoi se retenir de s'aimer? C'était tellement bon d'être dans tes bras. D'un air prétentieux, tu me demandais "Jt'ai manqué?". "Pourquoi, tu devrais?" BON SANG MAIS BIEN SUR QUE TU M'AS MANQUE!!!!! REGARDE COMME MON COEUR BAT VITE!!!!! REGARDE COMME MES MAINS TREMBLENT!!!!!!!! Quelle conne j'ai pu être, à tout gardé, à jouer à ce jeu "je t'aime moi non plus". Je me collais contre toi essayant de te faire entendre les hurlements de mon coeur. Ma tête dans le creux de ton épaule, mes mains sous ton pull au chaud contre ta peau. Dieu que j'étais bien, dieu que le temps passait vite...
Je retire les fleurs fanées de la dernière fois pour déposer les nouvelles. Je m'assoie près de toi, sur la pente en béton et je regarde ton nom gravé sur cette plaque. Je n'arrive toujours pas à m'y faire. Les yeux dans le vague, je me mets à te parler. Je te pose des questions auxquelles je n'aurais jamais de réponses, je te raconte ce qu'il se passe d'inintéressant dans ma vie, je te parle de mes projets, dont certain qu'on aurait du partager... J'essaye de t'imaginer quelque part.... C'est dur. J'avais besoin de venir seule. Comme pour avoir un moment d'intimité avec toi. Je donnerai tout ce que j'ai pour pouvoir passer un moment avec toi, dans tes bras. Quand te reverrais-je? Je t'aime...
23h30
J'étouffe dans cet atmosphère de fumée, ce bruit assourdissant. Je decide de sortir.
Je marche d'un pas décidé, mais fatigué. Je sais où je vais. 14... Me voilà debout devant chez toi.
Je suis restée là quelques minutes, mes pensées faisant un voyages de plusieurs mois en arrière.
Puis, une larme vient chatouiller le bout de mes lèvres et me ramène a la réalité. Qu'est ce que je fou là? Qu'est ce que j'attend? Je deviens folle.
Je ne veux pas qu'on me plaigne.
Il n'y a rien a plaindre!
Si je vous montre cela, c'est juste que j'ai envie de vous faire partager
une infime partie du bonheur que j'ai vécu.
Vous montrer ce qui me manque, vous montrez celui que j'aime.
Il aurait trouvé ça "Cucu", et moi ça mfait juste chialer.
De toute façon, je l'effacerai...